Peinture originale et superviseur |
peintre occidental NOMIYAMA Gyoji NOMIYAMA Gyoji |
|---|---|
Coopération |
Élèves du primaire de la ville d’Iizuka Elementary school students in Iizuka City |
2023
2,8 m de haut × 7,8 m de large
Hall d'entrée du gymnase municipal d'Iizuka
Cette œuvre d’art est le fruit d’une collaboration entre M. Nomiyama, originaire de la ville d’Iizuka, et des élèves du primaire de cette même ville, qui incarneront la prochaine génération.
Un appel à candidatures a été lancé auprès des élèves de CP de la ville d’Iizuka afin qu’ils réalisent des dessins sur les thèmes suivants : « Mes rêves », « Ce que j’aime à Iizuka » et « Mon sport préféré ».Parmi les 1 098 œuvres d’art reçues, environ 40 ont été sélectionnées ; M. Nomiyama s’en est inspiré pour réaliser des sculptures en argile. À partir de ces sculptures, les artisans du Studio CREARE Atami–Yugawara ont passé environ dix mois à créer des ReliefsEnCeramique agrandis.
Pour M. Nomiyama, qui s’était jusqu’alors exprimé sur des toiles planes, la création et la fonction de superviseur pour ce ReliefEnCeramique en trois dimensions ont constitué une première expérience.
Planification : Association japonaise pour la culture routière

NOMIYAMA Gyoji
NOMIYAMA Gyoji
peintre occidental
Un maître de la peinture occidentale représentant le Japon.Lieu : Hall d'entrée du gymnase municipal d'Iizuka
Commentaires de l'artiste
Au bord de la rivière, l’herbe poussait en abondance, et l’eau, d’un noir si profond qu’on se demandait d’où elle pouvait bien venir, s’étendait à perte de vue.
Chaque fois que je nageais, ma mère me grondait. J’avais beau faire l’innocent, une fine couche de poussière de charbon restait toujours sur mes paupières et au bord de mes narines.Lorsque l’on formait des boulettes avec la boue des berges et qu’on les exposait au soleil, elles brûlaient comme du charbon.
Nous étions passionnés par le « nenbou », un petit gourdin que l’on plantait dans le sol, par le jeu de toupie, ou encore par le fait de faire voler des cerfs-volants vers le ciel.
Quant aux filles, je ne sais pas ce qu’elles faisaient, car elles jouaient entre elles en bonne entente.
Ce n’est qu’à mon entrée à l’école primaire que l’on m’a fait porter des vêtements occidentaux pour la première fois. Jusque-là, je portais des kimonos ; j’avais peur que ces pantalons à jambes séparées ne me vont pas. Je suis un peu prétentieux.
C’est lors d’une exposition mondiale organisée dans une ville voisine que j’ai découvert les dessins d’enfants occidentaux.Les rivières, les poissons et les bateaux étaient tous soigneusement délimités par des contours, et les couleurs étaient appliquées de manière à ne pas dépasser ces limites. Les chiens et les chats étaient bien élevés. On aurait dit des Occidentaux.
Dans nos dessins, les feuilles vertes se confondaient avec le sol et ne faisaient qu’un avec les fleurs des champs ; elles étaient d’une taille démesurée.
Je suis désormais un vieil homme. Un gymnase est en cours de construction à Iizuka, ma ville natale. J’ai demandé aux élèves de l’école primaire où j’ai grandi de réaliser de nombreux dessins ; j’en ai sélectionné quelques-uns, j’en ai fait des moulages en argile, puis je les ai collés sur tout un pan de mur du gymnase.
Les jeunes de ma ville natale… À quand remonte le moment où leurs traits et leurs couleurs sont devenus identiques à ceux des enfants occidentaux, au point qu’on ne les distingue plus ? Ce côté rustique si typiquement japonais a disparu.
Où que l’on se trouve dans le monde, la vie humaine évolue désormais à l’échelle de la planète.
Le ciel s’étend à l’infini. Je vais dessiner mon visage pour qu’il remplisse tout le ciel. Il est infini. Je vais lui mettre un grand chapeau et emmener mon chien avec moi.
Il ne faut pas oublier non plus l’arbre du jardin. Un jour viendra où il grandira. Bientôt, le vent soufflera, les feuilles s’agiteront et s’envoleront au-delà du ciel.
Comme c’est un rêve, cela disparaîtra sans doute un jour. Oui, je vais aussi le dessiner entre les nuages. C’est un message important pour l’avenir, qu’il ne faut pas oublier.
NOMIYAMA Gyoji, qui est né et a grandi dans cette région, a sélectionné des dessins réalisés par les enfants qui grandissent ici aujourd’hui, puis a modelé en argile leurs visages et des voitures.